Nous avons vu dans l’épisode 1 l’architecture générale de l’environnement du noyau Linux et la manière dont il gère les processus. L’épisode 2 nous a permis d’entrer dans le détail de la gestion de la mémoire. L’épisode 3 nous a permis de creuser comment le noyau Linux gère les périphériques. Dans l’épisode 4 nous avons vu comment le noyau Linux offre aux applications un service d’appels système.
Dans l’épisode 5 nous avons vu les mécanismes qu’offre le noyau Linux aux processus tournant sur le système pour communiquer entre eux, c’est à dire pour se synchroniser et/ou s’envoyer des données.
Il est temps de commencer les travaux pratiques. Dans cet épisode 6 nous allons nous amuser avec certains des appels système que le noyau met à disposition des processus.
Dans le programme prog.c ci-dessous, que nous allons utiliser pour ce TP, nous allons utiliser les appels système suivants :
getpid() qui permet à un processus de demander au noyau de lui communiquer son PID (process ID)
getppid() qui permet à un processus de demander au noyau de lui communiquer son PPID, c’est à dire le PID de son processus père (on rappelle que les processus sont rangés sous forme d’arbre, rangés sous le processus de PID 1 qui est soit init historiquement, soit systemd sur les systèmes Linux qui ont succombé à cette mode).
getuid() qui permet à un processus de demander au noyau de lui communiquer son UID, c’est à dire l’ID de l’utilisateur qui a lancé et à qui appartient le processus.
getgid() qui permet à un processus de demander au noyau de lui communiquer son GID, c’est à dire l’ID du groupe qui a lancé et à qui appartient le processus.
geteuid() qui permet à un processus de demander au noyau de lui communiquer son EUID, c’est à dire l’ID effectif de l’utilisateur qui a lancé et à qui appartient le processus. Si le programme lancé a le bit s positionné et appartient à root, alors le EUID vaut 0. Pareil si le programme a été lancé avec sudo.
getegid(), comme geteuid() mais pour le groupe effectif.
setuid() et setgid(), qui permettent au processus de demander au noyau de modifier l’UID et le GID du processus. Bien sûr le noyau ne s’exécute que si l’UID appelant est 0 c’est à dire root.
fork() qui permet de demander au noyau de créer un processus fils identique au processus appelant dans tous les détails, sauf sur le code de retour de l’appel système fork() qui vaut 0 dans le fils créé et le PID du fils créé dans le code de retour disponible pour le processus père. fork() est, avec exec, l’un des appels système les plus fondamentaux sous Unix.
execl() qui permet à un processus de demander au noyau de faire une commutation d’image, c’est à dire d’écraser le code en mémoire du processus appelant par celui d’un programme présent dans le système de fichiers. execl est l’un des nombreux appels système de la famille des exec.
exit() qui permet à un processus de demander au noyau de le tuer, et de transmettre un code de sortie jusqu’au processus père, pour l’informer par exemple du résultat de l’exécution du processus fils.
wait() qui permet à un processus de demander au noyau de le mettre en attente de la mort d’un processus fils et lui permettre de lire le code de retour envoyé par le processus fils à sa mort.
Notre programme utilise aussi la fonction sleep(), qui n’est pas à proprement parler un appel système car appartenant à la section 3 du manuel (man 3 sleep) et non à la section 2. Cette fonction est bien utile pour ralentir l’exécution pour qu’on voit ce qui se passe. sleep(n) permet au processus d’être mis en sommeil pendant n secondes. Il utilise aussi la fonction getenv() qui permet de lire le contenu d’une variable d’environnement (qu’on peut modifier par setenv() qui ne sera pas utilisé ici).
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