Le DNS (Domain Name System) est un service fondamental sur Internet, puisque c’est lui qui permet à notre ordinateur de joindre une machine dont on ne connait que le nom.

Dans une configuration typique, si l’on ne touche à aucun paramétrage particulier, le fait de taper par exemple https://cnn.com dans la barre d’URL du navigateur de notre laptop va entraîner la séquence suivante :
– Le laptop va faire une requête DNS (protocole UDP, port 53) à la Livebox (« Quelle est l’adresse IP de la machine cnn.com ? »)
– La Livebox (adresse IP 192.168.1.1 généralement) va répercuter cette demande à l’infrastructure du FAI (exemple d’Orange dans la figure ci-dessus)
– Soit l’infrastructure du FAI a déjà la réponse, parce qu’elle a déjà questionné les serveurs racines du DNS sur Internet, auquel cas elle répond. Soit elle n’a pas la réponse et elle questionne récursivement les serveurs DNS racine sur Internet, qui eux vont fournir la réponse
– La réponse (l’adresse IP de la machine cnn.com) fait le trajet en sens inverse jusqu’au laptop
– Le laptop ouvre une connexion avec la machine en utilisant l’adresse IP qu’elle a reçue en réponse.
Les serveurs racine du DNS sur Internet sont des serveurs qui sont les points d’entrée d’un système hiérarchique, c’est pourquoi on parle de récursivité. Concrètement, si l’on souhaite l’adresse IP de la machine toto.cnn.com, le serveur racine du domaine .com sera consulté en premier, puis le serveur du domaine cnn.com.
Bref, on utilise ainsi le DNS en permanence sans même s’en douter.
Cependant cette configuration pose problème. En effet, le FAI est régulièrement sommé par les autorités d’effacer certaines machines du DNS. Techniquement c’est facile à faire : si les autorités demandent d’effacer la machine cnn.com (exemple fictif), alors le FAI paramètre son architecture DNS pour renvoyer comme réponse 127.0.0.1 en IPv4, ::1 en IPv6, au lieu de la vraie adresse IP, quand une requête DNS demandant l’adresse IP de cette machine est reçue.
127.0.0.1 et ::1 sont des adresses IP locales, qui ne permettront pas au laptop demandeur d’en faire quoi que ce soit. La machine cnn.com est ainsi invisibilisée (mais elle est toujours là) d’Internet.
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