Archives de catégorie : Culture
Linux : Gnome moderne et véloce sur un vieux PC avec Devuan
Vous avez un vieux PC, qui tourne sous Ubuntu, et vous constatez que, version après version, Ubuntu est de plus en plus lent. Vous êtes pourtant contraint de migrer car la durée de vie des versions d’Ubuntu, même LTS, est finalement assez courte.
Au final, années après années, votre PC sous Ubuntu devient plus lent, limite presqu’inutilisable maintenant tellement c’est lent.
Le problème n’est pas l’interface Gnome, qui deviendrait de plus en plus gourmande en ressources au fil de ses versions, mais systemd.
Pour comprendre ce qu’est systemd, il faut revenir aux origines du monde Unix, basé sur la philosophie KISS (Keep It Simple, Stupid), c’est à dire basé sur des briques logicielles simples, ne faisant qu’une chose mais la faisant de manière excellente.
L’exemple type est la commande Unix « sort« , qui permet de trier ce qu’on lui donne en entrée. Quel que soit votre talent, si vous programmez vous-même une fonction de tri, elle sera assurément moins performante que le programme sort. Pour une bonne et simple raison : il y a des gens dans le monde qui font des thèses de doctorat sur les algorithmes de tri, et les algorithmes les plus avancés dans la recherche sont implémentés dans la commande sort. Vous ne pourrez pas lutter avec l’un de vos programmes. C’est un exemple typique du KISS : la commande est simple, ne sait faire qu’une chose, mais le fait vraiment très très bien.
Conformément à la philosophie KISS, les systèmes Unix, dont Linux, démarrent traditionnellement en bootant le noyau, qui finit par donner la main à un programme d’initialisation dont le processus est lancé en ayant le PID 1. Ce programme a pour tâche de lancer tous les autres processus de sorte que le système entier soit opérationnel. Ce programme d’initialisation traditionnel est init, et provient de son ancêtre init system V.
Tout comme sort, init est léger, ne sait faire qu’une chose mais le fait très bien : lancer tout le système.
Tout allait bien jusqu’à ce qu’en 2010, un ayatollah de chez Red Hat, Lennart Poettering, change la donne en décrétant qu’init n’était plus assez bien, qu’il fallait l’abandonner au profit de son bébé systemd, qui ne respecte plus le principe KISS. En effet, systemd permet d’initialiser comme init, mais il donne également un cadre global pour créer des services (les services existent aussi sous System V, mais assurés par un autre programme qu’init).
Continuer la lecturePasskeys : l’adieu aux mots de passe, mode d’emploi
Les mots de passe ont régné sans partage pendant quarante ans. Quarante ans à les réinitialiser, à les oublier, à les réutiliser, à les voir fuiter par millions. Quarante ans à expliquer aux utilisateurs qu’il faut des majuscules, des chiffres, des symboles, et qu’il ne faut surtout pas les noter sur un post-it.
Cette ère touche à sa fin. En 2026, plus de cinq milliards de passkeys sont en circulation, et trois utilisateurs sur quatre en ont déjà activé au moins une sur un compte. Ce n’est pas une mode. C’est un basculement.
Ce qu’est vraiment une passkey
Derrière ce terme un peu mystérieux se cache un mécanisme cryptographique d’une simplicité élégante. Lorsque vous créez un compte avec une passkey, votre téléphone, votre ordinateur ou votre clé USB génère une paire de clés : une clé publique que le service en ligne conserve, et une clé privée qui, elle, ne quitte jamais votre appareil. Cette clé privée est enfermée dans un coffre-fort numérique – la Secure Enclave des iPhone, le TPM des PC, le Titan M des Pixel. Pour l’utiliser, vous n’avez pas besoin de la connaître, ni de la taper, ni de la retenir. Un simple geste suffit : votre empreinte, votre visage ou votre code PIN.
Quand vous vous connectez, le site vous envoie un défi aléatoire. Votre appareil le signe avec la clé privée, et le site vérifie la signature avec la clé publique. Aucun secret ne transite sur le réseau. Et parce que la signature est liée au nom de domaine du site, une passkey créée pour votre banque ne fonctionnera jamais sur un site pirate. Le phishing, qui reste la porte d’entrée de la majorité des cyberattaques, devient mathématiquement impossible.
La révolution des clés de sécurité matérielles
Mais il faut distinguer deux réalités bien différentes. D’un côté, les passkeys dites « synchronisées » – celles qui voyagent dans votre trousseau iCloud, votre compte Google ou votre gestionnaire Bitwarden. Elles sont pratiques, accessibles, et suffisantes pour la plupart des usages. Elles sont toutefois hébergées dans le cloud, et leur sécurité dépend de celle de votre compte et de votre fournisseur.
De l’autre, il y a les passkeys « liées à un appareil », et parmi elles, les clés de sécurité matérielles comme les YubiKey, SoloKey ou Google Titan. Ces petits objets en forme de clé USB – parfois dotés du NFC pour fonctionner sans fil avec les téléphones.
Continuer la lectureBSD sur PC – Parce qu’il n’y a pas que Linux

Petite incursion culturelle dans le monde parallèle à celui de Linux : le monde fabuleux des Unices (eh oui, le pluriel d’Unix est Unices) de la famille BSD (Berkeley Software Distribution).
Dans l’écosystème des systèmes d’exploitation de type Unix, Linux occupe une place prépondérante, mais une famille plus discrète, plus ancienne, continue d’incarner une philosophie de la stabilité et de la conception intégrée : les systèmes BSD. Loin d’être une relique, cette famille, comprenant FreeBSD, OpenBSD, NetBSD et DragonFly BSD, alimente des infrastructures critiques, des appliances réseau aux serveurs de streaming, en passant par l’automatisation industrielle.
Un héritage prestigieux pour une philosophie unique
L’histoire des BSD commence à l’Université de Californie à Berkeley dans les années 1970, comme une distribution du système UNIX d’AT&T. Rapidement, les chercheurs de Berkeley y apportent des améliorations fondamentales, dont l’implémentation de la pile TCP/IP qui a permis l’essor d’Internet. Après des démêlés judiciaires avec AT&T, le code est libéré en 1994 sous forme de 4.4BSD-Lite, donnant naissance aux projets que nous connaissons aujourd’hui.
Contrairement à Linux, qui n’est qu’un noyau autour duquel on assemble des distributions, un système BSD est un tout cohérent. Le noyau, les utilitaires système (ls, cat, le compilateur C) et la documentation sont développés et maintenus par un seul projet. Cette approche « système complet » garantit une intégration et une stabilité que peu de distributions Linux peuvent égaler.
Au cœur de cette philosophie se trouve aussi la licence BSD, qui se distingue radicalement de la GPL de Linux. Cette licence permissive permet d’utiliser, de modifier et même d’intégrer le code dans des logiciels propriétaires, sans obligation de redistribuer les modifications. C’est ce qui a permis son adoption massive dans des produits commerciaux comme MacOS, iOS, ou même des composants de Windows.
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Boris Cherny, père de Claude code, explique comment prompter
Claude Code est bien plus qu’un simple assistant conversationnel spécialisé dans la programmation. Il s’agit d’un agent de codage autonome, capable de lire, comprendre et modifier votre code, d’exécuter des commandes et d’interagir avec vos outils de développement, le tout directement depuis votre terminal ou votre environnement de développement intégré. Conçu pour accompagner les développeurs à chaque étape du cycle de vie d’un projet, Claude Code se présente comme un véritable partenaire, aussi à l’aise pour explorer un codebase inconnu que pour corriger un bug critique en production.
Au cœur de Claude Code se trouve ce que l’on appelle le « cerveau » de l’agent, également désigné sous le terme d’« agentic harness ». Ce cerveau est piloté par les modèles les plus avancés de la famille Claude, comme Sonnet ou Opus, et se distingue par sa capacité à agir de manière autonome grâce à un ensemble d’outils intégrés. Contrairement à un assistant conversationnel classique qui se contente de prodiguer des conseils, Claude Code peut lire vos fichiers, les modifier, lancer des tests, interagir avec Git, et bien plus encore.
Il est accessible sur plusieurs supports : depuis un terminal grâce à une interface en ligne de commande, via des extensions pour les IDE populaires comme VS Code ou JetBrains, mais aussi depuis une application de bureau dédiée ou directement sur le web à l’adresse claude.ai/code.
Continuer la lectureHistoire de l’informatique : des origines à Linux
L’histoire de l’informatique est une saga qui s’étend sur près de deux siècles, faite de génies solitaires, de rivalités industrielles et de révolutions technologiques. Des machines mécaniques de Charles Babbage aux puces silicium de nos smartphones, ce récit retrace l’évolution d’une science qui a bouleversé le monde.
Les prémices : du calcul mécanique à la logique binaire
1801 – Le métier Jacquard
Le tisserand français Joseph-Marie Jacquard construit un métier à tisser contrôlé par des cartes perforées qui déterminent le motif du tissu. Ce n’était pas un ordinateur, mais il introduisit une idée essentielle : une machine pouvait suivre des instructions codées sur un support externe.

Années 1830 – La machine analytique de Babbage
Le mathématicien britannique Charles Babbage conçut ce qu’il appela la machine analytique : un dispositif mécanique capable d’exécuter tout calcul pour lequel il était programmé, avec une mémoire, une unité de traitement et des branchements conditionnels. Il s’agissait, en substance, de l’architecture conceptuelle d’un ordinateur à usage général. Elle ne fut jamais construite du vivant de Babbage, la précision de fabrication requise dépassant les capacités technologiques de l’époque.

1843 – Ada Lovelace et le premier algorithme
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